Vendre son surplus à EDF OA ou tout autoconsommer ?

Autoconsommez d’abord, vendez ce qui reste. Pour les installations dont la demande complète de raccordement a été déposée à partir du 5 juin 2026, le tarif d’achat est unique et fixé à 1,1 c€/kWh HT jusqu’à 100 kWc, en vente du surplus comme en vente en totalité (arrêté du 1er juin 2026, publié au JORF du 4 juin 2026). Si votre demande de raccordement est antérieure à cette date, ce tarif ne vous concerne pas : votre contrat conserve ses propres conditions, généralement bien plus favorables. Pour une installation neuve, en revanche, la revente du surplus n’est plus un modèle économique : c’est un appoint. La valeur d’une installation résidentielle se joue désormais presque entièrement sur l’énergie que vous consommez vous-même.

Ce que dit l’arrêté pour les demandes de raccordement déposées depuis le 5 juin 2026

Le contrat d’obligation d’achat court sur 20 ans à compter de la mise en service, et le tarif est indexé de 2 % par an : 1,12 c€/kWh en deuxième année, 1,31 c€/kWh en dixième, 1,60 c€/kWh en vingtième. Un plafond s’applique à l’électricité injectée : au-delà de 1 600 heures par an multipliées par la puissance installée, les kWh injectés ne sont plus rémunérés — un seuil qu’une installation résidentielle en métropole n’atteint quasiment jamais. Enfin, les installations jusqu’à 9 kWc dont la demande complète de raccordement a été déposée depuis le 28 mars 2025 n’ont plus accès à la vente en totalité : pour elles, l’obligation d’achat n’existe qu’en autoconsommation avec vente du surplus. Les contrats de vente en totalité signés avant cette date se poursuivent normalement jusqu’à leur terme.

Le critère n’est pas la date de raccordement mais celle du dépôt de votre demande complète de raccordement. Si elle est antérieure au 5 juin 2026, vous relevez de la grille tarifaire trimestrielle en vigueur à ce moment-là, pour toute la durée de votre contrat de vingt ans — un tarif de surplus nettement supérieur à 1,1 c€/kWh, et d’autant plus élevé que le contrat est ancien. La réforme ne s’applique pas rétroactivement. C’est votre contrat, et votre acheteur, qui font foi.

Ce que vaut le même kWh consommé chez vous

Un kilowattheure que vous ne prélevez pas sur le réseau vous évite tout ce que vous auriez payé pour l’acheter : la part énergie, mais aussi l’acheminement, les taxes, et la TVA par-dessus le total. Un kilowattheure vendu ne récupère aucune de ces composantes. Prenez votre dernière facture, mettez de côté l’abonnement et les lignes fixes, puis divisez ce qui reste par les kWh soutirés sur la même période : c’est le prix réel de votre kWh. Divisez-le ensuite par votre tarif de rachat réel — 0,011 € pour un contrat relevant de l’arrêté de juin 2026, sinon la valeur inscrite à votre propre contrat — et vous obtenez le multiplicateur de votre installation. C’est le seul chiffre qui doit guider vos arbitrages, et il rend la question du titre presque rhétorique.

Ce qu’il faut faire

  1. Calculez votre multiplicateur avec vos propres chiffres, pas avec une moyenne lue quelque part : il dépend de votre offre de fourniture et de votre puissance souscrite.
  2. Gardez la vente du surplus si elle est déjà en place — le contrat court sur 20 ans aux conditions de sa signature, souvent bien plus favorables que la grille actuelle, et y renoncer ne rapporte rien de plus.
  3. Si vous n’injectez rien du tout, il faut une convention d’autoconsommation sans injection (CACSI) auprès d’Enedis pour les installations jusqu’à 36 kVA, demandée avant la mise en service et conditionnée à un dispositif certifié empêchant l’injection ; la déclaration à Enedis, elle, reste obligatoire quel que soit le niveau de puissance.
  4. Décalez les charges vers les heures de production en vous appuyant sur la prévision de la veille : ballon d’eau chaude, lave-linge, recharge du véhicule.
  5. Faites confirmer votre cas exact par votre acheteur (EDF OA ou un acheteur agréé) et sur les publications de la CRE : les conditions ont changé plusieurs fois en dix-huit mois, et tout calcul fait pour un projet neuf avant juin 2026 est périmé — en revanche, un contrat déjà signé n’est pas affecté par la réforme.

Guide complet: augmenter-son-autoconsommation-solaire