Acheter la nuit et revendre le jour, ça vaut le coup ?
Au sens strict — acheter au réseau la nuit pour revendre en journée — la réponse française est non. Le surplus injecté est rémunéré par un contrat d’obligation d’achat à tarif fixe, sans prime horaire : depuis le 5 juin 2026, un tarif d’achat unique de 1,1 c€/kWh HT s’applique à toutes les installations jusqu’à 100 kWc. Aucun écart de prix ne survit à cette valeur une fois les pertes déduites. L’arbitrage qui fonctionne se joue entièrement du côté de ce que vous achetez.
Pourquoi le calcul est plus serré qu’il n’y paraît
Chaque kWh stocké perd 10 à 15 % au cycle de charge / décharge, donc il doit être revalorisé d’au moins autant pour rentrer dans ses frais, avant même de compter l’usure de cellules à durée de vie finie. Avec un surplus racheté autour de 1 c€/kWh, aucun tarif de nuit ne passe sous cette barre : le kWh acheté coûte plusieurs fois ce que le kWh vendu rapporte. Le contrat d’obligation d’achat porte d’ailleurs sur le surplus de votre propre production, pas sur de l’énergie prélevée au réseau puis réinjectée.
Le schéma rentable n’est donc pas « acheter la nuit, injecter à midi » mais « acheter la nuit, éviter la pointe ». Consommer chez vous une énergie achetée en heures creuses, au lieu d’acheter la même en heures pleines, vous fait gagner l’écart complet entre les deux prix — un écart bien plus large que tout ce que la revente peut offrir. En option Tempo, la différence entre un jour bleu et un jour rouge est la plus forte disponible en France, et c’est là que l’arbitrage a le plus de valeur.
Ce qu’il faut faire
- Calculez votre écart d’équilibre : prix du kWh en heures creuses ÷ 0,85 pour le rendement aller-retour, plus quelques centimes d’usure. Seuls les écarts au-dessus de cette ligne rapportent quelque chose.
- Visez votre propre pointe du soir, jamais l’injection — le soutirage évité est presque toujours la meilleure « vente ».
- Vérifiez d’abord vos vraies plages d’heures creuses — la réforme en cours en déplace jusqu’à 3 sur l’après-midi, entre 11 h et 17 h. Si les vôtres tombent en pleine production, remplir la batterie au réseau à ce moment-là est une erreur nette.
- Coordonnez avec la prévision de production — la charge de nuit et le soleil du lendemain se disputent la même place dans la batterie ; laissez-la vide en proportion de ce qui est attendu demain.
Guide complet: batterie-charger-sur-le-reseau-ou-au-soleil